Jeudi 5 novembre 2009
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Voilà un sujet qui fâche même dans les rangs de l'UMP.
Quelques éléments de réflexion sur le sujet :
Quel était l' objectif majeur de la décentralisation en 1982 ?
RAPPROCHER la décision politique de la réalité du terrain, d'où la délégation aux collectivités (régions, départements et
communes) de compétences qui étaient avant du ressort de l'Etat.
La décentralisation dans l'esprit des fondateurs, c'est plus de démocratie de proximité, plus d'efficacité, plus de transparence.
La décentralisation, c'est la possibilité, voire l'obligation pour les élus de s'assurer de l'efficacité des budgets engagés. Ceci implique une présence forte dans les structures et conseils
d'administration des associations, des collèges, lycées, établissements sociaux ....
La décentralisation c'est une obligation pour les élus de maintenir et améliorer les services aux publics; une obligation de bien gérer vet de rendre compte.
Au bout de 27 ans de fonctionnement il apparait normal de s'assurer de l'efficience du dispositif. On évoque souvent le "mille feuilles" territorial avec des chevauchements de compétences, des
financements croisés, des dossiers longs à construire et à mettre en oeuvre. Il y a naturellement des ajustements à apporter mais les solutions doivent renforcer l'intérêt et l'efficacité de
la décentralisation. Ce qui est proposé bouscule tout ce qui a été fait depuis 1982 pour malicieusement par un étranglement des ressources financières des collectivités, revenir à un système
centralisé.
Alors pour VENDRE la réforme il est avancé l'impact sur les économies budgétaires en réduisant le nombre de conseillers généraux et régionaux : en fait l'économie serait de 1 pour 1000 du budget de
fonctionnement des collectivités locales.
Il est reproché par le gouvernement aux collectivités de dépenser trop. La raison est bien simple, sans cesse depuis plusieurs années l'Etat se décharge de plus en plus de compétences et se
désengage de ses missions de service public vers les collectivités locales sans compensation budgétaire équivalente. Et les collectivités pour remplir leurs missions sans cesse plus importantes
n'ont pas d'autres solutions que l'augmentation de la fiscalité locale.
Bien sûr, des réflexions et mesures sont à prendre en France pour apporter de meilleurs services aux publics en maitrisant au mieux les budgets, mais ce qui est proposé ne changera pas grand chose
à ce niveau mais impactera plus rudement les budgets des ménages, réduira la démocratie de proximité, fera disparaitre des structures associatives. J'insiste sur ce dernier point car les
associations jouent un rôle de lien social énorme et par conséquent agissent en matière de prévention.
Cette réforme ne peut pas être que l'affaire des Députés et Sénateurs, elle est un vrai sujet de débat démocratique, qui ensuite mériterait une consultation des citoyens.